USA · · 4 min read

Trump signe une loi de sanctions contre la Russie visant les revenus de guerre

La nouvelle loi américaine vise les responsables russes, les banques et les exportations de pétrole, tout en donnant à Donald Trump une plus grande latitude pour imposer des droits de douane aux principaux acheteurs d’énergie russe.

Le président américain Donald Trump a signé une vaste loi de sanctions visant à réduire les flux financiers et les liens commerciaux internationaux qui permettent à la Russie de poursuivre sa guerre contre l’Ukraine, selon un article d’Euronews.

La législation vise des responsables russes, des institutions financières et un réseau de pétroliers utilisés pour acheminer les exportations énergétiques du pays en contournant les restrictions occidentales existantes. Elle donne également à l’administration une nouvelle possibilité d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux cinq principaux acheteurs de pétrole ou de gaz naturel russes.

Le texte a été adopté par le Congrès avec un large soutien des deux partis. Les sénateurs l’ont approuvé par 86 voix contre 11, tandis que la Chambre des représentants l’a adopté par 262 voix contre 159. Sa signature vient conclure un processus législatif engagé depuis plus d’un an.

Une mesure marquée par la mort de Graham

La loi était étroitement associée au défunt sénateur Lindsey Graham, un républicain et un allié éminent de Trump qui était rentré d’une visite en Ukraine peu avant sa mort inattendue en juillet. Son adoption est donc devenue une dernière étape de son bilan au Sénat et une expression publique de la campagne de pression qu’il avait œuvré à construire contre Moscou.

Le sénateur Richard Blumenthal, un démocrate qui a contribué à rédiger le texte, a directement attribué ses avancées au travail de Graham. Après l’adoption de la mesure par la Chambre des représentants, Blumenthal a déclaré que Graham aurait salué le résultat et aurait probablement déjà envisagé d’autres mesures. Il a également soutenu que le président russe Vladimir Poutine réagissait aux démonstrations de force plutôt qu’à la faiblesse diplomatique.

La sœur de Graham, Darline Graham, a été nommée pour achever son mandat au Sénat, qui court jusqu’au 3 janvier 2027. Dans une déclaration publiée après la signature, elle a affirmé que son frère estimait que la pression économique pouvait contribuer à mettre fin au conflit en rendant plus difficile pour la Russie le financement des combats et en incitant les pays qui achètent son énergie à reconsidérer ces relations.

Pression sur la Russie et ses clients

L’objectif central de la loi est de limiter les ressources dont dispose Moscou, plus de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine voisine par la Russie en février 2022. Outre les mesures visant les responsables gouvernementaux et les banques, elle s’attaque à ce que l’on appelle la flotte fantôme : des pétroliers qui permettent aux ressources énergétiques russes d’atteindre les marchés internationaux malgré les sanctions imposées par les pays occidentaux.

La disposition relative aux droits de douane étend la pression au-delà de la Russie elle-même. Les pays qui figurent parmi les cinq plus grands importateurs de pétrole ou de gaz russes pourraient se voir imposer des droits punitifs pouvant atteindre 100 %. La loi prévoit une exception pour les nations qui reçoivent moins de 15 % des exportations de gaz naturel de la Russie et qui ont pris des mesures importantes pour réduire cette dépendance.

Ce dispositif reflète l’objectif plus large du texte : rendre les achats persistants d’énergie russe plus coûteux, tout en préservant une exemption pour les pays qui ont déjà pris des mesures significatives pour réduire leur dépendance. La législation vise à agir à la fois sur les revenus de Moscou et sur les décisions de ses clients étrangers.

Préoccupations concernant les pouvoirs présidentiels

Les larges majorités obtenues au Congrès n’ont pas fait disparaître les objections. Certains élus démocrates étaient favorables à une réponse plus ferme envers la Russie, mais ils ont exprimé des inquiétudes quant aux pouvoirs accordés à Trump, notamment la possibilité d’utiliser les droits de douane contre des pays et des blocs commerciaux autres que la Russie.

Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, s’est demandé pourquoi le Congrès devrait accorder au président un pouvoir discrétionnaire aussi large pour imposer des droits supplémentaires à l’économie mondiale. Sa critique portait sur la possibilité que cette autorité entraîne de nouveaux droits de douane contre l’Union européenne et d’autres juridictions, avec des conséquences pour les habitants des États-Unis.

La Maison-Blanche s’était également montrée prudente pendant l’élaboration du texte. L’administration Trump voulait conserver une marge de manœuvre suffisante pour décider quand et comment les sanctions seraient appliquées, ce qui entretenait l’incertitude quant à l’approbation finale du projet par le président. La version définitive a obtenu son aval après l’intégration d’une disposition demandée par Trump, qui permet à son administration de prolonger les sanctions contre l’Iran de cinq années supplémentaires.

La signature laisse aux États-Unis un cadre élargi de sanctions et de droits de douane pour s’opposer à l’effort de guerre de la Russie. Son impact dépendra non seulement des restrictions imposées aux entités russes, mais aussi de la question de savoir si les principaux acheteurs d’énergie modifieront leurs liens commerciaux avec Moscou et de la manière dont l’administration utilisera ses nouveaux pouvoirs.

us politicsrussiaukraine warsanctionsenergytariffscongress

Continue reading

Read this in another language