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Paramount et le procureur général de Californie avancent dans leurs discussions sur la fusion

Les négociations en vue d’un accord pourraient ouvrir la voie juridique au projet de rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount, mais aucun accord n’a été conclu.

Selon des personnes au fait des discussions citées par le Binghamton Herald, un éventuel accord entre Paramount Skydance et le procureur général de Californie, Rob Bonta, a rapproché de son aboutissement le projet de rachat de Warner Bros. Discovery par les entreprises.

Les négociations portent sur une action en justice pour violation du droit de la concurrence engagée par Bonta et 11 autres procureurs généraux démocrates d’États américains. Leur plainte menace l’acquisition de Warner Bros. Discovery par Paramount, prévue pour un montant de $111 milliards, une transaction qui réunirait deux des plus grandes entreprises de divertissement d’Hollywood.

Les sources ont déclaré que les discussions avaient été constructives ces derniers jours, même s’il reste difficile de savoir à quelle distance les parties se trouvent d’un accord. Paramount a refusé de commenter. Le bureau de Bonta a indiqué que les négociations en vue d’un éventuel accord étaient confidentielles et n’a pas confirmé que des discussions avaient lieu ni décrit leur contenu.

Une échéance coûteuse pour Paramount

Le directeur général de Paramount, David Ellison, a une solide raison financière de régler rapidement cette affaire. À partir du 1er octobre, Paramount devrait verser aux actionnaires de Warner Bros. Discovery $7 millions supplémentaires chaque jour, en plus du prix d’achat de $81 milliards déjà convenu par les entreprises.

Ellison souhaite également finaliser l’acquisition et prendre le contrôle de Warner Bros. avant les élections de mi-mandat. Ces élections pourraient modifier l’équilibre des pouvoirs dans l’une des deux chambres du Congrès, voire dans les deux, et transformer potentiellement l’environnement politique entourant l’opération.

Le financement de la transaction laisserait Paramount avec environ $80 milliards de dette. Éviter une longue bataille judiciaire pourrait aider l’entreprise à limiter la pression financière associée à une opération déjà très endettée.

La fusion proposée est également devenue un enjeu politique en Californie. Paramount fait pression depuis des semaines sur Bonta pour qu’il retire sa plainte, allant jusqu’à avertir que l’entreprise pourrait déplacer ses activités hors d’Hollywood. Cette éventualité a alarmé les responsables de l’État et les élus locaux, qui cherchent à rétablir l’emploi dans la production cinématographique à Los Angeles plutôt qu’à risquer de nouvelles pertes.

Plusieurs responsables politiques ont exhorté les parties à parvenir à un accord au lieu de laisser le différend se poursuivre jusqu’au procès. Le procès doit commencer le 2 mars. Les entreprises et les États ont récemment accepté de participer à des négociations ordonnées par le tribunal à la mi-octobre, après l’échec de discussions prévues fin août.

Bonta a mis fin à ces premières séances après avoir accusé Paramount de diffuser des informations trompeuses et de « jouer la comédie ».

Conditions possibles de la fusion

Le Wall Street Journal, qui a été le premier à rapporter que les négociations avaient progressé, a indiqué que les parties avaient envisagé de maintenir séparés les studios de cinéma Paramount Pictures et Warner Bros. pendant une période suivant l’acquisition. Une telle mesure retarderait la fusion immédiate des deux studios.

Bonta a déclaré qu’il était disposé à envisager un accord, mais sa position précédente était que Paramount devait vendre des actifs plutôt que de s’appuyer uniquement sur des promesses temporaires. Il s’est demandé si des engagements pris avant une fusion pouvaient être effectivement appliqués une fois la transaction finalisée.

Selon une proposition d’Ellison, les deux studios sortiraient 30 films par an. Bonta a soutenu que cet engagement, à lui seul, ne répondrait pas aux préoccupations soulevées par la plainte, notamment parce que les procureurs pourraient avoir des pouvoirs limités pour faire respecter de telles conditions une fois l’opération conclue.

La fusion ferait passer sous un même toit les grandes propriétés du divertissement, notamment HBO, CBS, CNN, Comedy Central, Food Network, ainsi que les studios de cinéma et de télévision Paramount et Warner Bros. L’ampleur de ce rapprochement rend la transaction importante non seulement pour les entreprises, mais aussi pour les salariés, les salles de cinéma et les concurrents de l’ensemble du secteur du divertissement.

Un récent rapport du Los Angeles County Department of Economic Opportunity a estimé qu’au moins 4 500 emplois pourraient disparaître du fait du rapprochement. Cette perspective a contribué à l’opposition à Hollywood, où la fusion est perçue comme la concentration de deux entreprises aux activités qui se chevauchent.

L’autorisation réglementaire progresse

L’action en justice pour violation du droit de la concurrence n’est pas le seul obstacle réglementaire. Jeudi, Paramount a obtenu l’autorisation de la Federal Communications Commission d’accueillir des familles royales du Moyen-Orient au sein de l’entreprise issue du rapprochement en tant qu’investisseurs importants. Le feu vert de la FCC était nécessaire, car la transaction pourrait conduire Paramount-Warner à dépasser les limites de propriété étrangère applicables aux détenteurs de licences de radiodiffusion.

L’agence est dirigée par Brendan Carr, nommé par Trump. Ellison s’est également appuyé sur ses liens familiaux avec le président Trump et avec des figures républicaines à Washington pour obtenir un soutien à la transaction.

Les marchés financiers ont réagi positivement aux informations faisant état des discussions en vue d’un accord. Les actions de Warner Bros. Discovery ont progressé de 8 %, à $30, dans les échanges après la clôture, tandis que celles de Paramount ont gagné plus de 7 %, à près de $11.

Un accord pourrait écarter la menace juridique la plus immédiate pesant sur l’acquisition, mais les discussions rapportées n’ont pas abouti à un accord définitif. Tant que les objections des États ne seront pas résolues, la fusion restera exposée au procès du 2 mars et au coût financier croissant des retards.

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