Health · · 4 min read

L’Université de Floride obtient un renouvellement de 9 millions de dollars pour ses recherches sur les maladies critiques chroniques

Une subvention des NIH d’une durée de six ans financera les recherches de l’Université de Floride sur les dysfonctionnements immunitaires et les traitements personnalisés destinés aux patients qui restent malades après une affection grave.

Le Sepsis and Critical Illness Research Center de l’Université de Floride a obtenu le renouvellement d’une subvention des National Institutes of Health d’un montant d’environ 9 millions de dollars sur six ans, rapporte research.med.ufl.edu. Ce financement soutiendra la prochaine étape d’un effort de longue haleine visant à comprendre pourquoi certains patients se remettent d’une maladie potentiellement mortelle tandis que d’autres restent malades pendant des mois, voire plus longtemps.

La subvention provient du National Institute of General Medical Sciences des NIH, dans le cadre de son RM1 Collaborative Program Grant for Multidisciplinary Teams. Elle finance la deuxième phase d’un programme de recherche prévu sur 10 ans consacré aux maladies critiques chroniques, une affection dans laquelle les survivants d’un sepsis, d’un traumatisme majeur ou de brûlures graves connaissent une dégradation prolongée de leurs fonctions physiques et biologiques.

Les travaux du centre visent à mettre au point des approches de médecine de précision susceptibles d’aider les médecins à identifier les profils individuels de dysfonctionnement immunitaire des patients et à leur proposer des traitements mieux adaptés.

Pourquoi le rétablissement peut rester hors de portée

L’amélioration des soins hospitaliers a contribué à réduire le nombre de personnes qui meurent pendant la phase aiguë du sepsis. Mais survivre à la crise initiale ne signifie pas toujours retrouver la santé. Certains patients développent une maladie critique chronique, qui peut entraîner un handicap durable et accroître le risque de décès au cours de l’année suivant la sortie de l’hôpital.

Les chercheurs du SCIRC étudient si une forme néfaste de mémoire immunitaire contribue à expliquer cette maladie prolongée. Leur théorie centrale porte sur l’immunité entraînée inadaptée, ou mTRIM. Ce processus implique les cellules myéloïdes, une vaste catégorie de globules blancs qui réagit rapidement aux infections et aux lésions tissulaires.

La mémoire immunitaire aide généralement l’organisme à réagir efficacement lorsqu’il est de nouveau confronté à une menace. Dans le cas de la mTRIM, toutefois, les cellules peuvent rester dans un état anormal après la disparition de la maladie initiale. Cet état peut entretenir l’inflammation tout en altérant d’autres composantes de la réponse immunitaire. Les chercheurs indiquent que ces changements comprennent des modifications durables de l’activité des gènes et de la manière dont les cellules utilisent leurs mitochondries, les structures responsables de la production d’énergie cellulaire.

Le centre étudie également les cellules suppressives dérivées de la lignée myéloïde, connues sous le nom de MDSC. Ces cellules ont été identifiées pour la première fois chez des personnes atteintes d’un cancer. Les chercheurs du SCIRC ont ensuite découvert qu’elles pouvaient s’accumuler chez certains survivants d’un sepsis, en particulier chez ceux dont l’évolution est défavorable.

Les quatre volets du programme renouvelé

La nouvelle subvention s’appuie sur quatre années de travaux financés par la première subvention RM1 du centre, lancée en 2021. Ces recherches antérieures ont montré que les anomalies immunitaires et le comportement des MDSC n’étaient pas uniformes : ils variaient selon les patients et en fonction de l’infection concernée.

Le programme renouvelé comporte quatre principaux axes de recherche. Les chercheurs étudieront la régulation des gènes des cellules immunitaires, la manière dont ces cellules produisent et utilisent l’énergie, ainsi que le développement des populations cellulaires concernées à partir de cellules souches dans la moelle osseuse. L’équipe travaillera également à des outils capables d’évaluer en temps réel l’état des patients et étudiera des traitements conçus pour des profils immunitaires particuliers.

Les travaux sur les traitements comprendront des immunothérapies et le recours à l’intelligence artificielle pour aider à identifier des médicaments potentiels. L’objectif est de ne plus traiter les patients gravement malades comme un groupe unique, mais de mettre en place des moyens plus rapides de reconnaître des profils biologiques distincts.

Le projet réunit des chercheurs de cinq facultés de l’Université de Floride. Ses quatre chercheurs principaux sont Philip A. Efron, directeur du SCIRC et chercheur principal de contact pour la subvention ; Michael Kladde, directeur du Center for Epigenetics ; Robert Maile, professeur associé de chirurgie et codirecteur du SCIRC ; et Clayton Mathews, directeur du département des maladies infectieuses et de l’immunologie au sein du College of Veterinary Medicine de l’Université de Floride.

Une voie possible vers les essais cliniques

Le centre espère que ces recherches renouvelées permettront d’établir des classifications plus précises des patients et de dégager des pistes concrètes de traitements ciblés. Son ambition à plus long terme est d’étudier des essais cliniques de médecine de précision dans le cadre d’une future demande de subvention de programme.

Cette perspective dépend de la transposition des résultats de laboratoire en méthodes utilisables pendant ou peu après un séjour en soins intensifs. Identifier les voies immunitaires perturbées, mesurer la gravité de leur atteinte et déterminer le traitement susceptible d’être efficace pourrait fournir aux cliniciens une base plus détaillée pour prendre des décisions après la survie d’un patient à l’urgence initiale.

Le SCIRC profite également du mois de septembre pour sensibiliser le public au sepsis. Le centre prévoit des événements sur le campus et au sein de la communauté à UF Health pendant le mois et encourage la population à apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs de la maladie. Ses chercheurs soulignent que le sepsis peut toucher les familles aussi facilement que d’autres urgences médicales majeures, notamment les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques.

Le financement des NIH est officiellement accordé sous la référence RM1GM139690. L’avis de subvention précise que les travaux sont financés par le National Institute of General Medical Sciences et que la responsabilité de la recherche incombe à ses auteurs, et non aux NIH, dont la position officielle n’est pas représentée par ces travaux.

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