Cosmos · · 4 min read
Le télescope Roman renvoie sa première image test des étoiles
Le télescope spatial Roman de la NASA a activé sa caméra infrarouge et produit une première image avant ses relevés scientifiques prévus.
Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA a pris sa première image test après avoir allumé sa caméra infrarouge de 300 mégapixels, offrant un premier aperçu des capacités de l’observatoire tandis que les ingénieurs continuent de le préparer pour ses travaux scientifiques.
L’image n’est pas encore une vue aboutie des cieux. L’instrument à grand champ de Roman n’a pas encore été complètement mis au point, ce qui fait apparaître les étoiles sous la forme de brillantes figures vertes en anneau. Malgré cela, ce premier résultat indique que la caméra et les autres systèmes du vaisseau fonctionnent comme prévu, selon des informations rapportées par Live Science et un communiqué de la NASA.
L’observatoire a été lancé le 30 août et se dirige actuellement vers le point de Lagrange L2, à environ un million de miles (1.6 million de kilomètres) de la Terre. À cet endroit, la gravité combinée de la planète et du Soleil contribuera à maintenir Roman en position. Le télescope y fonctionnera aux côtés du télescope spatial James Webb et d’autres engins spatiaux scientifiques.
Une vue étendue de l’Univers
Le motif inhabituel de la première image de Roman reflète la conception de sa caméra. Les rangées de formes carrées correspondent aux 18 détecteurs de l’instrument à grand champ. Chaque détecteur convertit les photons entrants en signaux électriques, ce qui permet au télescope d’enregistrer d’importantes quantités d’informations sur des objets lointains.
Roman est conçu pour produire des images d’une netteté comparable à celles du télescope spatial Hubble, mais avec un champ de vision bien plus large. Chaque image de Roman devrait couvrir une zone 100 fois plus vaste qu’une image de Hubble. Cette combinaison devrait permettre à l’observatoire de cartographier d’immenses régions de l’espace plus efficacement que les télescopes précédents.
Le télescope est toujours en phase de mise en service, laquelle durera plusieurs mois. Durant cette période, les équipes de la NASA testeront et régleront les instruments du vaisseau avant le début des observations régulières. Les premières images scientifiques complètes de Roman sont attendues au début de 2027.
L’ampleur de la mission représentera un important défi en matière de données. La NASA s’attend à ce que Roman transmette environ 1.4 téraoctet d’informations vers la Terre chaque jour, soit plusieurs fois la capacité de stockage d’un smartphone classique. Les scientifiques utiliseront ces observations pour réaliser de vastes relevés de l’Univers plutôt que de se concentrer uniquement sur de petites cibles sélectionnées individuellement.
Énergie sombre et galaxies lointaines
L’un des objectifs centraux de Roman est d’étudier l’évolution de l’Univers au fil du temps. Ses relevés examineront des galaxies lointaines, contribueront à identifier des objets jusqu’alors inconnus et permettront de mesurer l’expansion cosmique. Ces résultats pourraient fournir de nouveaux éléments sur l’énergie sombre, le phénomène mal compris associé à l’accélération de l’expansion de l’Univers.
Parce que Roman peut observer en détail de vastes zones, il sera capable de constituer de grands échantillons de galaxies et d’autres objets astronomiques. Ces relevés doivent aider les chercheurs à étudier la répartition de la matière et l’histoire de l’expansion au cours des temps cosmiques.
L’observatoire participera également à la recherche de planètes au-delà du Système solaire. Un instrument distinct, son coronographe, a lui aussi achevé avec succès un test, selon Live Science. Le coronographe peut atténuer la lumière intense d’une étoile, ce qui facilite l’examen de planètes peu lumineuses en orbite autour d’étoiles proches.
Une mission qui pourrait durer des décennies
La durée de fonctionnement prévue de Roman pourrait largement dépasser le plan initial de la mission, fixé à 10 ans. Une manœuvre propulsive réussie, combinée au carburant supplémentaire embarqué au lancement, signifie que le télescope pourrait avoir suffisamment de ressources pour fonctionner pendant jusqu’à 22 ans, selon la NASA.
Cette possibilité donnerait aux chercheurs beaucoup plus de temps pour répéter les observations, étendre les relevés et approfondir les découvertes réalisées durant la première décennie de la mission. Le télescope spatial Hubble est lui aussi resté actif au-delà des prévisions initiales de sa mission, et Roman pourrait devenir un autre observatoire spatial de longue durée dans le programme spatial scientifique de la Terre.
La NASA prévoit que les travaux de Roman sur les exoplanètes pourraient faire passer le nombre de mondes connus du total actuel de plus de 6 000 à plus de 100 000 d’ici à la fin de la mission planifiée de 10 ans. Le télescope ne démontrera pas à lui seul que la vie existe ailleurs, mais sa capacité à étudier les planètes et leur environnement pourrait améliorer la compréhension qu’ont les scientifiques des mondes susceptibles d’être propices à la vie.
Pour l’instant, les boucles vertes constituent une étape technique plutôt qu’un portrait astronomique achevé. Elles montrent que la caméra de Roman a commencé à fonctionner dans l’espace et que l’observatoire se dirige vers les vastes relevés appelés à définir sa mission.