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L’Iran attend la réponse des États-Unis après le rejet par Trump du plan de réouverture du détroit d’Ormuz
L’Iran affirme qu’il attendra que les médiateurs clarifient la position de Washington après le rejet par Donald Trump d’une proposition visant à rouvrir le détroit d’Ormuz.
L’Iran affirme qu’il attendra de connaître la position officielle des États-Unis avant de décider de la marche à suivre, après que le président Donald Trump a rejeté une proposition visant à rétablir la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz sous sept jours.
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que la proposition avait été discutée lors de pourparlers tenus en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. L’Iran a lié la réouverture de cette voie maritime stratégique à la fin des hostilités et aux conditions énoncées dans un protocole d’accord signé par les deux pays en juin.
Trump a rejeté la proposition, affirmant qu’elle ne répondait pas aux exigences américaines. Il a également déclaré que les États-Unis contrôlaient déjà totalement le détroit, par lequel continuaient de transiter d’importantes quantités de pétrole.
Araghchi a déclaré sur Telegram que l’Iran attendait des médiateurs une présentation définitive de la position américaine avant de répondre. Ses propos, rapportés par la BBC, critiquaient également ce qu’il a décrit comme les incohérences répétées des déclarations publiques de Trump.
Une voie essentielle sous pression
Le détroit d’Ormuz est un passage maritime étroit mais crucial, par lequel transitent normalement environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en gaz et en pétrole. Il est de fait fermé au trafic commercial régulier depuis le début de la guerre en février, selon le reportage.
Toute perturbation prolongée aurait des conséquences bien au-delà des pays directement concernés. Cette voie maritime est un itinéraire majeur pour les cargaisons d’énergie, ce qui signifie que l’incertitude quant à son avenir peut affecter les négociants, les importateurs et les gouvernements qui dépendent des approvisionnements transitant par le Golfe.
La proposition de l’Iran cherchait à relier la question de la navigation au conflit plus large. Téhéran a évoqué à la fois la possibilité de rouvrir le détroit et la nécessité de mettre fin aux hostilités lors des discussions récentes à New York. Araghchi a déclaré qu’un accord restait possible si les conditions requises étaient satisfaites.
Le reportage ne fait pas état d’un accord formel résultant de ces échanges. La prochaine étape semble plutôt dépendre du message transmis par les médiateurs et de la question de savoir si Washington juge les conditions de l’Iran acceptables.
Oman appelle à poursuivre le dialogue
Oman joue le rôle d’intermédiaire entre les États-Unis et l’Iran et a appelé toutes les parties à maintenir le dialogue. S’exprimant lors du débat général de l’ONU, le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr bin Hamad bin Hamood Albusaidi, a exhorté les parties à travailler avec Oman pour protéger la navigation dans cette voie maritime.
L’implication d’Oman offre un canal diplomatique au différend à un moment où les deux gouvernements restent très éloignés. L’Iran affirme attendre des éclaircissements plutôt que d’abandonner immédiatement la proposition, tandis que l’administration Trump présente celle-ci comme inadéquate.
L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Otan, Matthew Whitaker, a soutenu le rejet de Trump lors d’un entretien avec Fox News. Il a présenté la proposition de l’Iran comme incomplète et destinée à améliorer l’image internationale de Téhéran plutôt qu’à résoudre la crise sous-jacente.
Le désaccord porte donc sur davantage que le calendrier de la réouverture du détroit. Il reflète également un différend sur la question de savoir si l’offre de l’Iran constitue une véritable étape vers la désescalade ou une tentative d’obtenir un répit sans satisfaire aux exigences américaines.
Les sanctions accentuent la pression économique
L’impasse diplomatique se déroule parallèlement à une campagne américaine de pression économique contre l’Iran. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que les mesures nuisaient à Téhéran et a mentionné des restrictions affectant l’aviation et le secteur bancaire iraniens.
Selon Bessent, la Turquie, Oman et les Émirats arabes unis ont suspendu les vols opérés par plusieurs compagnies aériennes iraniennes. Des banques des Émirats arabes unis et de Turquie ont également interrompu certaines transactions impliquant l’Iran.
L’administration Trump a baptisé son blocus économique de l’Iran « Operation Economic Outcast ». Les sanctions visent à faire pression sur Téhéran pour qu’il cesse les attaques contre les navires dans le détroit d’Ormuz.
Leur efficacité reste incertaine. Certains économistes se sont demandé si ces mesures pouvaient atteindre leur objectif, estimant que beaucoup dépendait de la réaction des principaux partenaires commerciaux de l’Iran. La Chine est particulièrement importante, car elle est le premier acheteur de pétrole iranien et continue de commercer avec Téhéran malgré les précédentes sanctions américaines.
La crise reste ainsi en équilibre entre médiation diplomatique et intensification de la pression. L’Iran attend le message officiel des États-Unis, Oman appelle au dialogue et Washington a rejeté l’accord proposé pour une réouverture sous sept jours. Tant que ces positions n’évolueront pas, l’avenir de la navigation commerciale dans le détroit restera incertain.