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Une étude au télescope affine l’estimation de l’hélium formé après le Big Bang
Les observations de 15 galaxies chimiquement primitives ont réduit à 0,5 % l’incertitude sur l’abondance initiale d’hélium dans l’Univers.
Des astronomes ont réalisé l’estimation la plus précise à ce jour de la quantité d’hélium créée durant les premières minutes de l’Univers, en s’appuyant sur les observations de 15 petites galaxies dont la composition chimique a peu changé au fil du temps. Selon un article de SciTechDaily, le résultat réduit à 0,5 % l’incertitude entourant cette mesure, soit environ un tiers de son niveau précédent.
Les conclusions de l’équipe internationale reposent sur 130 heures d’observations réalisées avec le Large Binocular Telescope. Les scientifiques ont utilisé ces données pour étudier l’hélium et l’hydrogène dans des galaxies qui conservent une trace relativement directe des conditions régnant dans l’Univers jeune. Des chercheurs de l’Université du Minnesota à Twin Cities figuraient parmi les participants.
Les travaux font l’objet de cinq articles publiés dans The Astrophysical Journal. Ils offrent aux physiciens un test plus exigeant des théories sur les débuts de l’Univers ainsi que sur les particules et les forces décrites par le Modèle standard.
À la recherche d’une trace des débuts de l’Univers
L’hélium est le deuxième élément chimique le plus léger et l’un des principaux produits attendus des premiers stades de l’Univers. La quantité présente aujourd’hui contient des informations sur la période où le cosmos n’avait que quelques minutes, peu après le début de son expansion à partir d’un état extrêmement chaud et dense.
Pendant de nombreuses années, les astronomes ont estimé indirectement la quantité initiale d’hélium. Ils observaient un vaste ensemble de galaxies, comparaient leur teneur en hélium à d’autres indicateurs de l’évolution chimique, puis projetaient la tendance vers un point où peu d’éléments lourds étaient présents. Ce processus, appelé extrapolation, dépend de la fiabilité avec laquelle la tendance peut être prolongée au-delà des observations.
La nouvelle étude s’est au contraire concentrée sur certaines des galaxies connues les moins évoluées chimiquement. Comme ces systèmes ont accumulé moins d’éléments au cours de leur histoire, leur gaz est plus proche de la composition laissée par l’Univers primordial. Les chercheurs ont ainsi pu moins s’appuyer sur un point de départ calculé et davantage sur les mesures effectuées à partir d’objets qui conservent une signature chimique relativement primitive.
Cette approche n’élimine pas la nécessité d’une analyse minutieuse. Au niveau de précision recherché par l’équipe, même de faibles influences qui éloignent systématiquement un résultat de sa valeur réelle deviennent importantes. Les études précédentes avaient considéré plusieurs de ces effets comme trop minimes pour influer sur la conclusion générale. Une fois l’incertitude visée passée sous la barre de 1 %, l’équipe a dû les modéliser explicitement.
Lire la lumière des galaxies
Les observations ont été réalisées à l’aide de spectrographes conçus à l’Université d’État de l’Ohio. Ces instruments décomposent la lumière de chaque galaxie en longueurs d’onde, faisant apparaître des raies spectrales associées à des éléments particuliers. Ces raies fournissent les informations nécessaires pour déterminer les quantités relatives d’hélium et d’hydrogène dans le gaz observé.
Plutôt que de s’appuyer sur une seule caractéristique, les chercheurs ont examiné simultanément plus de 10 raies de l’hélium et 15 raies de l’hydrogène. La comparaison des raies entre elles les a aidés à identifier et à corriger les effets systématiques qui auraient autrement pu fausser l’estimation de l’abondance.
Richard Pogge, professeur d’astronomie à l’Université d’État de l’Ohio, a déclaré que les spectrographes MODS avaient nécessité 12 ans de développement avant d’atteindre le télescope. Leur utilisation réussie dans ce projet, a-t-il ajouté, a démontré l’intérêt de construire des instruments capables de réaliser des mesures fondamentales.
Evan Skillman, professeur de physique et d’astronomie à l’Université du Minnesota, a déclaré que l’équipe s’était fixé pour objectif d’atteindre une incertitude de 0,5 % et y était parvenue. Le résultat représente une amélioration substantielle de la précision, et pas simplement l’ajout d’une nouvelle estimation à une fourchette existante.
Un test de l’histoire cosmique et de la physique des particules
L’abondance des éléments légers constitue l’un des trois grands types d’indices en faveur du récit cosmologique du Big Bang. Les deux autres éléments mis en avant dans l’article sont l’expansion continue de l’Univers et le fond diffus cosmologique, le rayonnement résiduel de sa période initiale. L’hélium a été moins étudié que ces deux autres signaux, ce qui rend particulièrement utile une mesure plus précise de son abondance.
L’hélium peut également être comparé aux prédictions du Modèle standard, le cadre que les physiciens utilisent pour décrire les particules élémentaires et leurs interactions. Un désaccord entre l’abondance mesurée et la valeur attendue pourrait révéler des éléments manquants dans ce cadre, tandis qu’un accord imposerait des limites plus strictes aux alternatives possibles.
L’équipe a utilisé son résultat concernant l’hélium pour calculer combien de familles de neutrinos étaient présentes dans l’Univers primordial. Les neutrinos sont des particules subatomiques extrêmement légères, et leur population initiale influe sur les conditions dans lesquelles se sont formés les premiers éléments légers. Ce calcul relie les observations de galaxies proches au contenu en particules du cosmos lorsqu’il n’avait que quelques minutes.
L’article consacré à la méthodologie du projet a été publié le 9 septembre 2026. Parmi ses auteurs figurent des scientifiques de l’Université du Minnesota, de l’Université d’État de l’Ohio et d’autres établissements. En combinant des galaxies exceptionnellement primitives, de longues observations au télescope et une analyse détaillée de multiples raies spectrales, l’étude transforme la mesure d’un élément en une sonde plus précise à la fois de l’origine de l’Univers et de la physique qui le régit.